RIPOSTE RD CONGO totale et foudroyante contre l'invasion COVID-19 : GRATUITÉ " de l'eau et de l'électricité - De la poudre aux yeux ! Une mesure suicidaire et subversive ?

La riposte de la RD Congo contre l’invasion COVID-19 se veut totale et foudroyante. Pour contrer et neutraliser cet infiltré inexorable et cruel venu des contrées lointaines, un redoutable exterminateur de l’humanité, la RD Congo lui déclare une guerre longue et populaire. 

Et face à un ennemi invisible, le Gouvernement n’hésite pas à user d’armes de toutes natures et de munitions de tous calibres au risque de pécher par des précipitations inconsidérées et des atermoiements funestes quand sonne l’heure de la mise en œuvre des décisions.

Laissez-moi lire cette mesure et y réfléchir à haute voix et, en vieux trublion, grommeler contre l’impéritie, le dilettantisme, l’amateurisme, la naïveté et même l’indolence dont font montre nombre de nos élites dirigeantes ! 

C’est certes, pour paraphraser Philippe Muray, une grande infortune que de vivre en des temps abominables. Mais c’est un malheur encore pire que de ne pas tenter, au moins pour la beauté du geste, de les prendre à la gorge. Je tâcherai de le faire sans acrimonie.

 

§  La gratuité d’eau et d’électricité, une mesure suicidaire dans son essence et subversive dans son application ?

L’armure gouvernementale intègre la gratuité de la fourniture d’eau et d’électricité durant une période de deux mois au bénéfice des ménages durement frappés par la crise sanitaire du COVID-1 ainsi que d’autres structures sociales et des micro, petites et moyennes entreprises concernées par la mesure de fermeture dans le cadre de la riposte contre le COVID-19.

L’annonce de cette décision qui touche au plus vital du service public, m’a fait sauter au plafond et je me suis alors écrié : c’est une mesure suicidaire et subversive !

Quel haut cadre SNEL ou REGIDESO ne voit pas que tout ce qui se passe aujourd’hui fait dériver vers le pire et conduit vers une mort certaine de ces deux services publics ?

Pouvons-nous encore être autre chose que les spectateurs d’une histoire qui nous dépasse, celle d’un suicide de la RD Congo ? Le naufrage de la REGIDESO comme l’électrocution de la SNEL est inévitable. Il semble même imminent. Qui aiderait à en retarder l’échéance de la survenue?

En décrétant la gratuité de la fourniture d’eau et d’électricité le Gouvernement Ilunga Ilunkamba semble n’avoir pas pris le soin d’évaluer les impacts de la mesure et surtout les mesures de mitigation des risques par rapport à la continuité des services publics ainsi affectés. Ni même le bien-fondé de l’éligibilité au bénéfice de cette gratuité non seulement des ménages mais également des écoles et universités (lesquelles? celles des promoteurs privés qui seraient affranchies du régime de fermeture et confinement ?), des hôpitaux ( lesquels? ceux privés qui seraient réquisitionnés pour administrer gratuitement des soins aux malades?), des églises (lesquelles? celles momentanément sevrées des troncs d’offrandes et dîmes?), des salles funéraires (lesquelles? celles qui seraient réquisitionnés pour la célébration des programmes funéraires pour zombies?) et surtout aussi, ô comble de turpitudes!, des bars, restaurants, cafés, discothèques, dancing-clubs ou encore, grâce à une certaine permissivité sociale et administrative en ce qui concerne la gestion des pans informels de l’économie, des maisons de tolérance.

La vénalité des opérateurs véreux délierait ceux-ci de scrupules, leur laissant libre cours pour exploiter ces dernières comme des antres de confinement sui generis pour des fêtards inconscients, insouciants et dangereux pour la sécurité de tous et même pour la leur propre ou celle de leurs membres de famille et voisins.

De plus, ils se mettraient tout de même à consommer à flots et à flux eau et électricité dans des bacchanales à guichets fermés et toujours aux frais de l’État, de la communauté nationale!

La pilule de la mesure à la fois inutile et contreproductive de la gratuité telle que conçue et édictée, est moralement amère. 

L’indignation qu’elle provoque est étouffante pour tout esprit lucide et averti; et même pour la population, noyée dans une folle mélancovid, d’apprendre que l’État alloue pareille indemnité compensatoire des manques à gagner à la légendaire et infamante industrie « BMW » (Beer, Music, Woman) alors qu’il manque désespérément des moyens pour mener la guerre. 

L’État qui prend en charge le coût des consommations d’eau et d’électricité de tous les déserteursdu front de la guerre sanitaire, c’est, en réalité, la communauté nationale à travers le Budget public. Il porterait ce poids financier pendant deux mois alors que la guerre durera au moins un an voire deux ans selon la Coordination de l’équipe de riposte? Qui osera lever la mesure de la gratuité pendant que la guerre se poursuit ou s’intensifie ?

Le plan de préparation et de riposte contre l’épidémie au COVID-19, qui poursuit entre autres objectifs spécifiques l’amélioration de la PCI/WASH (Prévention et Contrôle des Infections/Eau, Hygiène et Assainissement) dans toutes les structures de santé et dans la communauté, affiche un budget de 135 millions de dollars US mais celui-ci n’inclut pas la charge des besoins du volet WASH. 

Qui douterait que la place de la REGIDESO, alors une Regideso financièrement  viable est véritablement en première ligne dans la guerre sur ce front WASH et non là où semble vouloir la confiner la mesure de gratuité, à savoir panser les plaies des blessés économiques de cette guerre, ceux frappés par la fermeture de leurs exploitations? 

 

§  Gratuité d’eau et d’électricité pour quels résultats et impacts et avec quelle efficacité? Est-ce une mesure cosmétique de plus, qui cache mal la fébrilité et le désarroi d’un état-major déboussolé par un défaut criant de stratégies de guerre et de moyens logistiques à la hauteur des défis coupe-gorge attachés à l’entreprise guerrière ? Par un défaut des ressources et des moyens pour ouvrir et tenir de nombreux fronts qu’impose une guerre asymétrique ? Est-ce là plutôt la manifestation des fantasmes d’une vipère qui se mord la queue? Ou est-ce tout cela à la fois? 

Je ne suis pas un prédicateur de « l’effondrisme » mais je me permets d’opiner que l’arme de la gratuité a tout l’air d’un mirage et d’un boomerang. Cette mesure ne serait d’aucun apport aux combattants appelés en première ligne du nécessaire bataillon sanitaire dont la monture, si elle existe, est cruellement évanescente ! 

Tout au plus, se destinerait-elle peut-être à panser les plaies des déserteurs du front sus-évoqués et à offrir des primes d’insouciance aux fêtards en confinement-loisirs ! 

Je me serais borné à maugréer dans mon coin de confinement si le mal était seulement celui du coût financier de la mesure pour la communauté nationale.

Je suis même convaincu que l’arme de la gratuité de la fourniture d’eau et d’électricité est un boomerang.

Non seulement la gratuité ne procède pas de la nature même d’une riposte, c’est-à-dire d’une action de défense par l’attaque, mais, pire! l’application de cette mesure finira à terme par faire naufrager définitivement la Regideso et électrocuter mortellement la Snel.  J’étouffe donc de frustration et d’indignation à l’idée que nous soyons condamnés à assister comme impuissants à l’effondrement de REGIDESO SA par naufrage et de SNEL SA par électrocution, avec à la clé la fin de ces deux services publics vitaux et, partant, la mort par inanition des populations urbaines, Kinshasa en tête, sera inéluctable et irréversible !

 

L’eau, c’est la vie. À de rares exceptions près, un homme peut vivre normalement trois minutes sans respirer, trois toujours sans boire, trois semaines sans manger. Pas davantage. Commence alors la déchéance.

La disponibilité de l’eau potable, par exemple, est une condition essentielle à la vie. En milieux urbains, et plus particulièrement dans une mégapole comme Kinshasa avec quelque 14 millions d’habitants, cette exigence confine à la question de santé publique. 

Aussi, dans un contexte de crise sanitaire comme l’épidémie actuelle du COVID-19, la sécheresse chronique au réseau de distribution d’eau REGIDESO doublée des incertitudes sur la qualité de l’eau servie à la population. 

Lors d’une épidémie de la fièvre typhoïde avec perforation intestinale, l’opinion se cabra durement face à la REGIDESO dont elle estimait que les spécialistes n’étaient pas préoccupés outre mesure par les avertissements des autorités sanitaires, les eaux de la rivière Ndjili captées par REGIDESO étant polluées et le foyer de l’épidémie située exactement dans les zones environnantes et que les laboratoires de la REGIDESO révélaient la présence des coliformes fécaux dans l’eau distribuée.

Ces faits amenèrent la Cour Suprême de Justice à condamner l’entreprise et d’anciens dirigeants de la REGIDESO  au début des années 2000 pour avoir par exemple utilisé du sel non iodé jugé impropre pour fabriquer le chlore destiné à stériliser l’eau. 

À la base des récriminations récurrentes des usagers de l’eau du robinet, pourtant traitée en amont avec un professionnalisme incontestable par les équipes de production de la REGIDESO,  l’on épingle aujourd’hui des carences criantes de qualité de l’eau aux réseaux de distribution. 

Et à base de ces déficiences c’est l’insuffisance à la fois quantitative et qualitative des capacités matérielles et techniques   ainsi que des capacités humaines. Alors que les effectifs de son personnel sont  réputés pléthoriques, la REGIDESO ne compte paradoxalement même pas le dixième de ses besoins incompressibles en ingénieurs hydrauliciens, spécialistes de la gestion et de la maintenance des réseaux! 

Dès lors, naissent des appréhensions légitimes de la population quant à la capacité structurelle de la REGIDESO à offrir un service conséquent en cette période de crise sanitaire très sévère alors qu’en situation normale la majeure partie de la population des 24 communes de la Capitale manquent cruellement de l’eau !

La gratuité de fourniture d’eau par temps de confinement exacerberait les difficultés d’accès à l’eau pour l’immense majorité de ménages déjà affectés par des manques d’eau quasi- permanents et chroniques et qui se retrouveraient du fait du confinement dans l’impossibilité de se plier à leur habituelle corvée de ravitaillement en zones mieux desservies de la ville. 

Leurs efforts buteraient contre une réticence accentuée des ménages hôtes à laisser libre accès aux infortunés. La frustration de l’immense majorité des ménages s’alimenterait du sentiment d’être victimes d’une injustice sociale criante à travers la chimère de gratuité pour eux par rapport à la minorité des ménages ayant et l’eau et la gratuité ou, mutatis mutandis, pour l’électricité.  

Est-il besoin de souligner par ailleurs que la mort de la SNEL paralyserait totalement les exploitations de production et distribution d’eau de la REGIDESO ? Le tout se présente comme si le Gouvernement a glissé dans la voie du parachèvement de la descente aux enfers de la grande RD Congo, risée du monde!

 

§  Ceux qui ne tirent pas des leçons de leur passé, sont condamnés de répéter les erreurs. Sous nos yeux une histoire dramatique se répète pour la Regideso et la Snel ! Dans le cas de ces deux sociétés commerciales de l’État l’erreur serait aujourd’hui la faute finale.

La longue descente aux enfers (1998-2018) de la Regideso et de la Snel à cause des décisions politiques inopportunes et des réformes ratées ou mal engagées ainsi que des fiascos retentissants des programmes de stabilisation et de redressement n’aurait toujours pasconvaincu le Gouvernement de la République de la nécessité de changement radical de paradigmes de réactivation de l’économie nationale à travers celle des entreprises du Portefeuille  réputées structurantes.

 

En août 1998 , sans la déclarer, la RD Congo entre dans une guerre longue et populaire à lui imposée par des envahisseurs venus des pays voisins !  

Le 13 septembre 1998, lors de son face à face avec le Peuple, Laurent-Désiré Kabila, venu à N’djili pour exprimer sa reconnaissance à la population kinoise, particulièrement la vaillante jeunesse de la Tshangu qui venait de barrer spectaculairement la route aux bandes des rebelles infiltrés en masse dans la Capitale, décrète la gratuité d’eau et d’électricité pour une période de trois mois au bénéfice des ménages !

LD Kabila entend des voix monter de la foule excitée et réclamer qu'il reste "libela", président à vie donc. La perspicacité de quelques collaborateurs très proches du président Kabila, présents au meeting (dont feu Ir. Umba Kyamitala) éloignera ce dernier de la tentation trop forte de céder, sous le coup de l'émotion et de l'euphorie, à l'offre populaire d'un pouvoir absolu. 

La fameuse mesure de gratuité fut décidée à l’instigation de quelques compatriotes zélés du Gouvernement et de l’Hôtel de Ville de Kinshasa au mépris des observations pertinentes formulées par le Cabinet du Ministre de tutelle, feu Christian Eleko. Le vieux trublion grommeleur était alors à la manœuvre de la tentative de dissuasion au poste d’adjoint de son directeur, Baudouin Kabisi, le tout premier PDG de la Société Nationale d’Assurances (SONAS) dans les années 1970.

Les dispositions culturelles du peuple, prompt à déifier le "chef", ne sont pas faites pour aider à extirper le mal. L'encens, disait un évêque catholique, est le gaz le plus toxique : il tue. Autrement dit la gloire, la vaine gloire enivre et tue. 

La fièvre du rassemblement populaire de Kinshasa en septembre 1998 amena le chef de l’État à décréter une exonération totale du paiement des factures et autres taxes relatives aux consommations d'eau et d'électricité au bénéfice de la population kinoise durant 3 mois, d'octobre à décembre 1998. 

Même quand le ministre des Finances, feu Tala-Ngai Elima, tentera de limiter l’incidence financière de la mesure en précisant sur le plateau de la RTNC que le regard du chef de l’État circonscrivait le bénéfice de la mesure aux populations du District de la Tshangu, il sera vertement réprimandé voire molesté!  

Le coût de la gratuité "présidentielle", une première dans l'histoire congolaise faillit emporter définitivement dans la faillite les deux entreprises publiques, REGIDESO et SNEL, deux des rares fleurons du Portefeuille de l'État sous le régime Mobutu. 

La culture de la cueillette a la peau dure. Sans laisser au chef de l’État le temps de construire une seule usine d’eau ou une centrale hydroélectrique et poser un kilomètre de conduite d’eau ou câble électrique, le peuple poussa ainsi le gouvernement de salut public de LD Kabila à récolter ce que les prédécesseurs avaient semé et même à extirper les racines de l'arbre fruitier.

La Regideso et la Snel survivront très difficilement à la sévère précarité de leur trésorerie exacerbée par les impacts de cette décision présidentielle, appliquée sans mesures d’accompagnement ni celles d’atténuation des risques pourtant prévisibles dans un contexte de guerre et de conflits armés récurrents (1998-2004). Les deux sociétés doivent cette survie aux efforts héroïques des cadres-maison. 

De grands espoirs de stabilisation et de redressement des sociétés REGIDESO SA et SNEL SA seront par la suite placés dans les programmes d’assistance technique pilotés par le COPIREP en renforcement des équipes de management par des « respirateurs humains » extérieurs qu’étaient censés être les experts étrangers parachutés aux postes de direction des fonctions stratégiques au titre des engagements des opérateurs privés titulaires des contrats de service payés à coup de dizaines de millions de dollars de la Banque mondiale au cours de la première décennie du troisième millénaire (2010-2019).
Malheureusement ces programmes ont fait flop, occasionnant un immense gâchis financier et technique, se soldant pratiquement par le naufrage du service public de l’eau et l’électrocution du service public de l’électricité ! 

REGIDESO SA et SNEL SA ont même perdu de leur résilience d’antan et aujourd’hui c’est la continuité de ces deux services publics qui est en cause.

 

§  Vivement une remise à l’endroit des choses pour une copie révisée et corrigée des mesures gouvernementales dans l’ordre séquentiel : en premier former et équiper le bataillon sanitaire multisectoriel commis à la lutte multiforme proprement dite contre COVID-19 et ensuite seulement identifier et sérier des mesures de mitigation des effets et conséquences de l’épidémie sur l’économie nationale! 

 

Si la motivation de la mesure de la gratuité paraît, en principe et à première vue, pertinente, la mesure en elle-même tranche nettement sur les priorités et urgences liées à la guerre sanitaire elle-même. La place de la Regideso et la Snel c’est dans le bataillon sanitaire, en première ligne dans la guerre contre le COVID-19 et non à l’arrière-plan sanitaire dédié aux blessés de guerre. 

Le Gouvernement Ilunga Ilunkamba donne, rapportent les médias, suite à une recommandation de quatre parlementaires du pays (Francine Muyumba, Patrick Muyaya, Juvénal Munubo et Claudel André Lubaya). Le message d’appel à la responsabilité « Ne jouons pas avec la vie de notre peuple » de l’Archevêque Métropolitain de Kinshasa, S. Em Fridolin Cardinal Ambongo Besungu, compte également la gratuité de l’eau et de l’électricité au nombre des d’urgence humanitaire d’accompagnement du confinement intégral vivement souhaité.

Près des ¾ de la ville de Kinshasa est confrontée à la corvée de l’eau quand ce n’est pas tout simplement au manque d’eau total. La demande pressante de la population porte largement sur la disponibilité de l’eau au robinet plus que sur le prix d’achat de cette eau. 

Ainsi l’atteste, de son côté, Boucar Kasonga Tshilunde, Président de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), dans un message de détresse posté le 26 mars 2020. « Regideso : incompétence ou inconscience? Deux semaines pleines sans une seule goutte d’eau au robinet, et Ngobila nous confine, il veut que nous nous lavions les mains ?» 

Rencontrer au plus vite les attentes des populations par la régularité et la qualité des services assurés et par l’accessibilité pour le plus grand nombre compte tenu, certes, des prix de vente des services et du pouvoir d’achat des ménages, telle est la première préoccupation. 

Le congolais lambda n’est plus naïf pour prendre des vessies pour des lanternes quant au-dessous des matraquages médiatiques auxquels se livrent nombre de dirigeants publics pour masquer leur incompétence ou incapacité à offrir ce que l’on est en droit d’attendre de leurs entreprises en rapport avec leur objet social ou mission statutaire et au regard des engagements pris vis-à-vis de l’État propriétaire en termes d’objectifs ou résultats et autres obligations. 

La marge de manœuvre du pouvoir est certes ténue, à en juger par des appels incessants et interminables des citoyens en détresse sociale à l’implication personnelle du chef de l’État que l’imaginaire collectif congolais perçoit comme un monarque de génie. Et en situation de grave crise comme celle de l’épidémie au COVID-19, le gouvernement se doit de s’entourer de tous les matériaux nécessaires pour fonder ses décisions et organiser les plans de mise en œuvre.

 

§  Le gouvernement de la République doit s’assumer pleinement et éviter de prendre des décisions à l’emporte-pièces. Il doit bannir l’indolence du pouvoir à tous les niveaux, ainsi que le stigmatisaient les archevêques et évêques catholiques stigmatisaient dans un mémorandum de mars 1990 : "Que tous ceux qui exercent les pouvoirs publics cessent de se plaindre avec le peuple de ce qui ne va pas dans leur juridiction. Qu'ils prennent au contraire leurs responsabilités, punissent les coupables mais récompensent les bons et loyaux citoyens"... On doit éviter de miner l'autorité dans son principe, soit en confiant des responsabilités à ceux qui n'en sont pas capables ou à des citoyens malhonnêtes »

 

Ils mettaient en garde le Chef contre l’autoflagellation :"Dans un tel système, la critique publique des institutions faite par le chef de l'État et ses collaborateurs convainc difficilement, car elle donne l'air d'une démission du pouvoir ou, pour le moins, d'une confession dont on évite de tirer les conséquences. Par là, le chef de l'État est placé dans une situation très inconfortable, car, constitué juge et partie, il ne peut sanctionner les fautes de ses subalternes qui se présentent comme ses conseillers ou de simples exécutants de ses ordres ».

Il doit bannir l’improvisation et la servilité des collaborateurs, laquelle favorise l’autocratisation du pouvoir. Il doit se garder de « l’amnésie collective et davantage contre l’opportunisme coupable de nombreux intellos capables ou appelés aux affaires. Ils enferment l’autorité dans les draps soyeux de la flatterie et de l’obséquiosité, et la conduisent insensiblement et tout le peuple avec, vers les voies déjà tentées sans la moindre chance de succès. A quoi sert l’expérience collective, disons l’histoire, si nous refusons d’y puiser des enseignements pour éviter les erreurs commises par les prédécesseurs ? Mais surtout pour améliorer les acquis. Un sage disait que l’Afrique meurt par déni de son histoire (Roger Nkema).  

Être service public n’interdit pas d’être financièrement efficace. L’objectif central de redressement des deux sociétés passe par la reconstitution de l’autonomie de fonctionnement moyennant maximisation des recettes, maîtrise des charges et réduction des coûts. 

Cela passe par le redressement de l’activité commerciale tout en faisant preuve de rigueur et de transparence tous azimuts à tous les niveaux de responsabilité dans la gestion de la trésorerie.

Au lieu d’imposer des mesures populaires de gratuité dont l’application soulève déjà des interrogations inextricables et l’impact recherché est aléatoire, le Gouvernement ferait œuvre utile à la fois pour la population et pour les services publics concernés en consultant préalablement les mandataires publics sur les voies et moyens idoines pour rencontrer les attentes réelles de la population et compte bien tenu des enjeux de la guerre sanitaire.

Jadis, le Gouvernement aurait pu capitaliser les leçons de l’expérience de partenariat public privé (1998) entre la SNEL et un groupement de sociétés européennes sous leadership de ICM (RFA) si la question avait été examinée sereinement malgré que l’opération fut décriée. Les performances en termes des résultats commerciaux  s’étaient révélées plutôt encourageantes dès les premiers moi. Si la direction, appuyée par le Gouvernement, s’y était prise avec volonté, détermination, méthodes et un minimum des moyens générées par l’entreprise, le redressement de la SNEL aurait pu prendre un envol durable. L’échec de l’affaire était plutôt dû aux conditions peu régulières au plan institutionnel dans lesquelles l’opération fut initiée, négociée et conclue.

Plus globalement, la problématique de sauvetage et redressement de SNEL et REGIDESO devrait être prioritairement traitée à la lumière des retours d’expérience sur les années de contrats de service.

La situation des deux sociétés est suffisamment précaire. La thérapeutique COPID-10 (« COPIREP Destroyer », moteur des plans de redressement menés par le COPIREP) s’étant révélée inefficace face au virus de l’impéritie et de la mégestion reconnu singulièrement mutant, il est urgent de prendre la question au sérieux.

Il ne serait pas gênant de procéder à un benchmarking par rapport à l’expérience de la GECAMINES pour saisir les tenants et les aboutissants de la ressuscitation réussie de cette entreprise d’État dont la Banque mondiale avait carrément recommandé la liquidation au début des années 2010.

En effet, des 7 sociétés commerciales structurantes de l’économie nationale ( GECAMINES, SNCC, ONATRA, RVA, SNEL, OCPT, REGIDESO) ayant bénéficié de l’accompagnement du COPIREP appuyé par la Banque mondiale dans le cadre du projet compétitivité et développement du secteur privé (PCDSP), seule la GECAMINES, affranchie depuis de cet étau réformateur exogène, a pu se tracer et suivre avec un succès relatif une voie de sortie de crise, de ressuscitation voire de développement enviable, curieusement sous le leadership de son PCA, Albert Yuma Mulimbi, sur qui pleuvent sans arrêt des tonnes d’accusations, démontrant finalement a contrarioqu’un travail de titan a été abattu pour faire émerger à nouveau du si-sous-sol ce géant minier national au sujet duquel il est courant d’entendre parler aujourd’hui des   revenus et crédits commerciaux en termes des centaines de millions de dollars. Qui l’eut cru encore il y a moins d’une décennie!

 

§  Ma conviction demeure ferme et profonde : la mesure de gratuité ne peut être envisagée que si elle se fonde sur les aspirations profondes ou même conjoncturelles de la population et si elle n’expose pas de risques de désintégration des services publics. 

Je souhaite être reconnu demain un bon politicien, capable de prédire l’avenir et , par la suite, également capable d’expliquer pourquoi les choses ne se sont pas passées comme il l’avait prédit (Winston Churchill) ou, dans le cas de SNEL et REGIDESO, expliquer avec bonheur pourquoi leur sauvetage du naufrage et de l’électrocution a été réalisé!

Je revêtirai alors fièrement le titre flatteur de Gorkinon seulement wolof (le Vieux) mais surtout russe (l’Amer, du surnom de l’écrivain Alexis Pechkov (1868-1936) qui avait dénoncé les aspects destructeurs d’une révolution qu’il avait lui-même souhaitée.

 

Ir. Jean-Louis BongunguLoend’a-Namba Jelo

 

Délégué Général Adjoint REGIDESO (1988-1997)

 

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